Imzot Frano Illia est né le 21 février 1918 dans le village de Juban, près de Shkodër. Il fut ordonné prêtre le 18 décembre 1943. Il exerça son ministère à Tirana, à Shkodër, à Milot et dans leurs environs. Arrêté en 1967, il fut condamné à mort le 25 avril 1968. Le 25 avril 1993 est une date marquante de sa vie : c’est en effet exactement 25 ans après cette condamnation, commuée en réclusion à perpétuité, qu’il fut ordonné évêque des mains mêmes du pape Jean-Paul II, lors de sa visite historique et inoubliable en Albanie.
Imzot Frano Illia devint ainsi le premier archevêque métropolitain de Shkodër après la dictature. Il reçut aussi le titre de professeur pour son travail inlassable de collecte et de codification du Kanun de Skanderbeg, une œuvre qui ne vit le jour que de nombreuses années après avoir été préparée pour la publication. Mais il resta toujours le simple prêtre, dom Franoja, l’homme qui consacra toute sa vie à l’autel et à la culture nationale, à la foi et à la patrie.
Il demandait avec insistance aux catholiques de sanctifier leur vie et de cultiver la culture. Toute sa vie, il servit la sainteté et la culture, accomplissant sa mission de prêtre avec le plus grand soin et le plus grand amour, toujours fidèle d’un côté à l’Évangile du Christ et, de l’autre, sans jamais lâcher la plume. Il a ainsi laissé une œuvre qui continue de servir sa nation et son peuple, le « Kanun de Skanderbeg ».
Rappelons que Imzot Frano Illia, auteur du « Kanun de Skanderbeg », était un homme de dialogue, de paix et d’harmonie. Il a laissé aussi l’exemple d’un artisan infatigable de l’œcuménisme, d’un prêtre qui a collaboré toute sa vie avec ses frères d’autres confessions, pour le bien commun et au nom de l’unité nationale.
Marchant sur les traces de la tradition nationale et chrétienne des Albanais, non seulement Imzot Franoja n’hésita pas à parler de fraternité sincère et de préservation de la coexistence à Shkodër et en Albanie, mais il organisa aussi personnellement la protection des lieux de culte de la ville du Nord, invitant les représentants de la communauté musulmane à garder les églises et envoyant ses prêtres catholiques protéger les mosquées de Shkodër. Ce fut un événement singulier dans l’histoire de la nation albanaise, inscrit dans les annales des troubles de 1997.
L’archevêque Frano Illia vécut selon sa devise : « Même si l’on me promettait cent vies, je n’en voudrais aucune au prix du reniement de ma foi ». Une devise qui garde aujourd’hui encore toute son actualité. Il s’éteignit le 22 octobre 1997.
(d’après Vatican News)